TEST – Digimon Survive, le jeu RPG tactique aux aspects Novel

Durée de lecture: 9 minutes

La franchise s’est laissée tentée par plusieurs styles, par le passé, et voilà qu’à l’instant, on fusionne un jeu de rôle tactique à un jeu de type Novel

Bandai Namco a toujours aimé que sa franchise Digimon soit diversifiée dans ses types de jeux. Celui-ci, développé par Hyde Inc. et édité par Bandai Namco, présente un genre très étrange puisqu’il fusionne le côté jeu de rôle tactique à celui des jeux de type Novel ou, si vous préférez, les jeux qui ressemblent à des romans littéraires.

C’est quoi, un Digimon?

Pour ceux qui ne connaissent pas l’univers de Digimon, il s’agit de monstres digitaux qui évoluent grâce à la digivolution et qui combattent aux côtés de jeunes humains. Vous retrouverez probablement, dans les lignes précédentes, une certaine similitude avec Pokémon et, en fait, c’est tout à fait normal.

Le débat Digimon vs Pokemon est l’une des plus grandes rivalités d’anime depuis des temps immémoriaux. Alors que les franchises Digimon et Pokemon ont “mon” dans leur nom et sont toutes deux sorties dans les années 1990, elles sont indépendantes et réussissent à leur manière. D’ailleurs, bon nombre de fans de la franchise Pokémon (Pocket Monsters) ont accusé Digimon (Digital Monsters) d’avoir imité leur franchise préférée. Ceci, cependant, est demeuré sans fondement puisque les Pokémon sont considérés comme des “créatures du monde réel” un peu à l’image d’animaux tandis que les Digimon sont des créatures issus d’un métavers numérique. De plus, d’un côté vous avez le jeune homme qui rêve à devenir un maître dresseur tandis que de l’autre, ce sont des adolescents qui doivent sauver l’univers.

L’histoire derrière Digimon Survive

L’intrigue derrière Digimon Survive consiste en un groupe d’adolescents en visite dans une zone rurale du Japon dans le cadre d’un camp d’été. Au milieu de l’excursion, ils finissent par enquêter sur les ruines d’un sanctuaire étrange, à la fois ancien et suspect, qui finit par les transporter dans un monde parallèle, celui des Digimon. C’est à cet endroit que le protagoniste principal, Takuma, fera la rencontre de son partenaire, Koromon. Petit à petit, nous rencontrerons le reste du groupe d’étudiants, qui seront également en lien avec un Digimon respectif, et nous essaierons de les guider dans ce monde étrange jusqu’à ce que nous trouvions enfin la cause de cet événement, permettant probablement même au groupe de pouvoir retourner dans leur monde.

L’histoire sera développée principalement par texte. Dans la perspective de Takuma, nous allons converser avec nos compagnons et, parfois, nous pourrons prendre des décisions sur ce qu’il faut leur répondre. Ces décisions auront un impact sur notre « karma » qui, sans le savoir, viendra faire un certain poids dans votre aventure. Le karma de notre personnage, variant entre colère, moralité et harmonie, viendra impacter le dénouement de la fin du jeu mais, surtout, les évolutions d’Agumon. Au travers de ces choix, certains viendront aussi impacter votre niveau d’amitié avec les autres membres de votre équipe. Il faudra donc tenter de bien jauger vos décisions car une réponse pourrait plaire à une personne mais en offusquer deux autres.

Un gameplay assez étrange

Le curieux mélange de roman visuel post-apocalyptique avec des combats tactiques nous offre une approche assez authentique et quelque peu différente de Digimon. Si on prend, comme exemple, Digimon Story: Cybersleuth, celui-ci avait une navigation dans les donjons et des combats au tour par tour. Ici? Vous ne vous balladez pas physiquement dans les endroits et les combats sont sur un échiquier avec des déplacements tactiques tout simplement. C’est donc un jeu qui, bien sûr, ne plaira pas à tout le monde pour son côté “Novel” et pour ceux qui n’aiment pas les jeux tactiques de la même manière. Cela dit, il nous est présenté comme quelque chose qui pourrait devenir un bon espace pour développer une histoire indépendante et un peu plus mature que d’habitude et simultanément réunissent une bonne poignée de références nostalgiques et de systèmes plus classiques.

Un système assurément bien intentionné, mais dont les défauts sont évidents. Pour commencer, il est extrêmement facile de s’entendre avec tout le monde. Dans de rares cas aurons-nous à prendre une décision qui rend vraiment malheureux un des personnages secondaires. D’un autre côté, ce que nous décidons n’aura presque jamais d’incidence réelle sur ce qui finira par se produire. Si nous choisissons tout le temps l’option la plus évidente, ça sera très facile à gérer. D’un autre côté, si nous essayons de prendre un peu des décisions plus brutales, le jeu nous ramènera automatiquement vers l’option qu’il pense que nous aurions dû sélectionner. Par exemple, il pourra arriver un moment où il vous sera suggéré de fuir. Si vous refusez et décidez de combattre, vos coéquipiers refuseront votre décision et prendront la poudre d’escampette malgré tout. Pour ce qui a trait aux statistiques de vos décisions, celles-ci auront un impact uniquement vers la fin du jeu et pas avant ça, mis à part pour les évolutions d’Agumon, bien entendu.

En plus des scènes dans lesquelles l’histoire se déroule, chacun des douze chapitres du jeu sera divisé en phases comme celle d’exploration, qui sert principalement à trouver des indices et parler à nos coéquipiers et à scruter les environs à l’oeil nu ou avec l’appareil photo de votre téléphone intelligent qui réagis à certaines perturbations. D’autre part, il y aura également des segments d’action dans lesquels, encore une fois, nous nous déplacerons à travers les cartes, cette fois avec un nombre limité d’actions, et on peut choisir de passer du temps avec les personnages pour mieux les connaître, un peu comme ce que nous pouvions faire dans des jeux comme Persona ou même Fire Emblem: Three Houses. Cela dit, c’est une impression de limite d’action puisqu’en fait, vous aurez toujours assez de points d’action pour discuter avec tous les membres du groupe. En bref, il n’y a pas beaucoup de différence entre la phase d’exploration et celle d’action. Finalement, il y aura aussi des combats libres qui vous permettront de combattre d’autres Digimon, de tenter de les convaincre d’intégrer votre équipe et également de trouver des objets intéressants à votre progression.

Vous comprendrez donc ici que la plus grande partie du jeu consistera donc à : lire des dialogues. Qu’à cela ne tienne, ça a été annoncé comme tel et même les bandes-annonces ne s’en cachent pas! Le problème réel, ici, est surtout que les dialogues, la narration et l’histoire du jeu sont franchement mauvais! Avec un Visual Novel, on aurait pu avoir accès à une belle grande histoire avec des protagonistes qui doivent vaincre leurs peurs aux côtés de leurs monstres digitaux et consolider leur amitié en tentant de fuir ce monde étrange. Hélas non, les dialogues ne nous donnent pas forcément envie de lire ce qui se dit, les textes sont ternes et la narration l’est tout autant.

Je ne sais pas si c’est le côté “fan de littérature” qui parle mais il y a bon nombre de fois où vous risquez d’avoir les mêmes conversations vides de sens dans les quelques trentaines d’heures que le jeu va vous offrir pour votre première complétion. Ensuite, vous aurez facilement des dialogues fades entre Digimon et humains ou entre les jeunes également et ceux-ci seront complètement nuls, sans pouvoir décisionnel, sans richesse ou quoi que ce soit. Dans les cinq premières heures du jeu, vous allez passer votre temps à lire que les jeunes ont peur et que les Digimon vont tout faire pour les protéger, qu’ils veulent rentrer chez eux et qu’ils aiment leurs nouveaux compagnons digitaux. Digimon Survive prend plusieurs heures pour finalement établir quel est le conflit qui a amené nos jeunes humains à être transportés dans le monde des Digimon. Comme si ce n’était pas assez, vous vivrez neuf chapitres à ne pas comprendre clairement où vous êtes, quel est cet environnement étrange et qu’est-ce qui se passe autour de vous pour, au final, vous faire régurgiter l’intrigue complète dans l’espace de trois chapitres finaux à la va-vite. Ça laisse, du coup, beaucoup de choses en suspens et rend la résolution des intrigues insatisfaisante car trop pressée. Sans oublier que nous ne voyons guère de progrès ou d’évolution dans la façon de penser des jeunes et de gérer la situation qu’ils vivent.

Les combats sont au rendez-vous

Heureusement, le côté “combats” du jeu, bien que limité, est tout de même présent et vient apporter un peu plus de plaisir à ce jeu. Chaque enfant a un Digimon qui l’accompagne et que nous pouvons utiliser en combat, que ce soit dans les combats de l’histoire qui ne peuvent être rejoués ou ceux du combat libre. le combat est simple mais efficace à la façon d’un RPG tactique au tour par tour. En fonction de la vitesse de notre Digimon et du Digimon adverse, un ordre sera établi à travers lequel nous déplacerons les monstres à travers les cases en utilisant différentes attaques ou la capacité de digivoluer pour les rendre plus puissants. Garder vos Digimon digivolués vous coûtera des points de compétence à chaque tour tandis que les garder dans leur forme initiale vous fera en récupérer une petite quantité à la fin du tour. Ainsi, une dynamique assez frappante est créée par laquelle nous devrons élaborer des stratégies à savoir quand digivoluer nos monstres, pour les rendre plus forts et plus résistants, et quand les protéger pour les maintenir dans leur forme la plus faible et ainsi gagner plus de points de compétences pour utiliser des attaques particulièrement puissantes plus tard.

Il existe également le triangle habituel des types de Digimon (virus, vaccin et données) et chacun d’eux aura des forces et des faiblesses différentes face aux attaques élémentaires. Certains objets que l’on retrouvera à la fin des combats et lors des explorations nous permettront, en les équipant à chaque créature, de leur faire apprendre des attaques spécifiques ou d’améliorer leurs statistiques.

La variété de Digimon que nous retrouverons tout au long de l’aventure et que nous pourrons utiliser dans notre équipe est d’une centaine, et elle est assez variée. Cela dit, seul le Digimon “principal” de notre équipe pourra apprendre de nouvelles digivolutions au cours de l’histoire. Du côté des Digimon que nous recrutons par le biais de combats libres, nous aurons besoin d’objets spéciaux que nous obtenons tout au long de l’histoire pour obtenir leurs formes les plus puissantes, et ils n’ont pas le mécanisme de parler aux protagonistes pour booster leurs stats.

Digimon Survive propose des combats faciles et, en fait, cela le rend peut-être plus plaisant pour les néophytes de ce genre de jeu. En revanche, au fur et à mesure que l’on progresse, il finit par devenir beaucoup trop simple et, surtout, franchement répétitif. Il n’y a qu’une poignée de cartes sur lesquelles nous nous battrons qui seront constamment répétées et, en plus de cela, nous nous rendrons vite compte que le jeu nous oblige à battre constamment les mêmes quatre ou cinq boss encore et encore. Ça a le mérite d’être frustrant quand on sait qu’il existe près de 1,500 Digimon différents! Pourquoi imposer une telle limite à la variété des créatures que nous pouvons affronter ou convaincre de nous rejoindre? Il y a l’histoire qui impose ceci, je le comprends, bien entendu, mais le fait que nous devions constamment rejouer ces affrontements finit par être un peu frustrant, surtout quand nous savons que nous pourrions avoir des combats tellement plus variés! La courbe de difficulté, bien qu’adaptée et définitivement accessible aux nouveaux joueurs ou à ceux qui veulent se concentrer sur l’histoire, deviendra vite trop facile pour ceux qui ont une certaine expérience du genre. Les dernières digivolutions peuvent même achever certains ennemis puissants d’un seul coup!

En conclusion

Je ne pense pas, malgré tout, que Digimon Survive soit un titre qui soit à jeter à la poubelle. Les fans de la saga, comme moi, apprécieront les apparitions de leurs monstres préférés, les références à d’autres jeux vidéo et à d’autres moments de la saga, ou tout simplement revisiter la structure narrative familière des enfants perdus contraints de devoir prendre de grandes décisions malgré leur âge. Cependant, ayant terminé le jeu deux fois pour deux fins différentes, il ne fait aucun doute que c’est un jeu qui manque de contenu et qui manque clairement d’amour. Vous voulez vous concentrer sur les dialogues, mais ils sont mauvais. Vous voulez pousser à fond dans les combats, mais ils sont trop faciles. Vous voulez une expérience hors du commun, la narration vient vous arracher le peu d’espoir qui vous restait. Le résultat de mon test m’attriste car Digimon Survive, avec tous ses défauts, veut se montrer tout de même comme étant un jeu pour les fans de la franchise et également proposer un vent de renouveau. Malheureusement, malgré toutes les bonnes intentions que le studio peut avoir, les lacunes sont très présentes et gâchent franchement l’expérience de jeu.

Un énorme “MERCI” à Bandai Namco pour la copie du jeu!

Nom du jeuDigimon Survive
Date de sortie28 juillet 2022
DéveloppeurHyde Inc.
SérieDigimon
ÉditeurBandai Namco
Plates-formesNintendo Switch, PC, PlayStation 4, XBox One
GenreJeu de rôle, RPG tactique, Novel
Mode de jeuSolo
LangueMultilingue (français inclus)

Digimon Survive

79.99$
6.7

Graphismes

8.2/10

Trame Sonore

7.9/10

Jouabilité

5.3/10

Scénario

3.9/10

Durée de vie

8.0/10

Pour

  • Une centaine de Digimon
  • De beaux clins d'oeil aux fans
  • De beaux graphismes

Contre

  • Une histoire pas très intéressante
  • Des dialogues vides
  • Une narration mauvaise
  • Des combats trop faciles

Le Bêta-Testeur

Père de famille, gamer, chroniqueur pour Métro Média, développeur de jeu indépendant et programmeur dans la vie de tous les jours : j'initie mes enfants au plaisir du gaming avec les classiques des anciennes générations ainsi que les jeux récents.

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