TEST – Kena: Bridge of Spirits est un véritable chef d’oeuvre d’Ember Lab

Durée de lecture: 8 minutes

Vous n’avez jamais entendu parler du studio Ember Lab? C’est normal parce qu’il s’agit de leur tout premier jeu vidéo

La toute nouvelle sensation de l’heure est le merveilleux Kena: Bridge of Spirits du studio Ember Lab. Ce qui est très particulier, c’est qu’il s’agit en fait du tout premier jeu vidéo du studio qui, à prime abord, est conçu par une petite équipe de 15 artistes du monde de l’animation qui ont tout simplement décidé de se lancer dans un autre média par pure plaisir.

La première fois que nous avons entendu parler du jeu, c’était lors de la présentation de la PlayStation 5 où la bande-annonce a su devenir une des plus grandes attractions par sa sélection audiovisuelle et son aspect classique de plateformeur d’action-aventure. Au travers des Ratchet & Clank: Rift Apart, Demon’s Souls, Marvel’s Spider-Man: Miles Morales et les autres, il a su faire sa place et alimenter les attentes du public.

Voilà maintenant que le jeu est sorti le 21 septembre dernier et j’ai pu avoir la chance de m’aventurer dans ce monde magique et coloré.

Un voyage captivant et sublime

Vous incarnez Kena, une guide spirituelle dont la mission est d’aider les âmes des défunts à atteindre l’au-delà. Dans un voyage rempli d’énigmes, de puzzles, de secrets et de combats, vous devrez vaincre un fléau qui s’est abattu et se propage, empêchant les âmes d’être libérées et détruisant la nature. Racontée avec une narration à la fois simple et douce, comblée par de belles scènes cinématographiques qui sont juste assez présentes pour ne pas effacer le gameplay du jeu qui est, également, à la fois simple et pur.

Lorsque nous prenons le temps de regarder l’intégralité du jeu, nous nous situons sur une île qui est somme toute assez grande avec de multiples zones qui sont toutes connectées à un village principal. Vous devrez déverrouiller chaque zone au fur-et-à-mesure que vous progresserez et vous libèrerez les zones précédentes et vous aurez également la possibilité de retourner dans les endroits visités précédemment pour y faire plus de découvertes afin de trouver des objets cachés, des “Rot”, ces petits esprits poilus tout mignons, des zones de méditation ainsi que le “courrier des esprits”, des courriers qui vous donneront accès à des endroits précis du village de départ. Contrairement à nos bons vieux metroidvania, vous avez cependant la possibilité de tout trouver dans chaque zone avec les compétences que vous avez déjà sous la main.

L’île complète

Muni d’un arbre de compétence classique, vous aurez à déverrouiller certaines actions que vous pourrez effectuer en combat en utilisant du Karma, une ressource que vous trouverez çà et là en dévoilant des statues de prière et autres. De plus, vous aurez également de nouvelles techniques qui pourront se déverrouiller à la longue dans chacune des zones, vous permettant ainsi de combattre vos ennemis différemment mais également de déverrouiller certains mécanismes de puzzles précis. Par exemple, il vous sera éventuellement possible de déverrouiller un arc magique qui envoie des flèches d’énergie à même votre bâton de guide, permettant d’attaquer au loin mais également de toucher des cibles lors de puzzles ou même d’avoir des bombes d’énergie qui fracasseront des pierres lumineuses, les faisant léviter dans le ciel temporairement, créant ainsi des passages.

Sincèrement, une des choses qui rend le jeu excellent est le fait de se concentrer sur les mécanismes et les situations autour de nous pour réussir à exploiter les meilleures actions de notre héroïne. Par exemple, un ennemi vous charge avec un bouclier : fracassez-le avec une attaque puissante de votre bâton avant de vaincre votre assaillant. Sinon, pourquoi ne pas lancer une bombe d’énergie sur un ennemi dont sa carapace est dure comme le roc pour la fendre et ainsi révéler son noyau d’énergie? Celui-là a un étrange point lumineux sur le corps? Visez-le avec une flèche!

C’est ce type de mécanique de combat, combiné avec ce que nous déverrouillons avec notre arbre de talent, qui nous permettra de vaincre des ennemis aux modèles bien définis en nous obligeant à utiliser tout notre arsenal de ressources.

Un gameplay qui évolue avec le temps

Au début, tout semble très basique et très classique. Cela dit, le titre évolue toujours et nous introduit à de nouveaux ennemis à chaque fois, nous forçant à nous adapter, sans parler du fait que, par moment, vous aurez à affronter divers ennemis qui se battent de façon totalement différente, vous obligeant à passer d’une arme à l’autre le plus rapidement possible. Une fois ceci appris? Il vous reste à affronter les mini-boss et les boss de chaque zone! Quand on parle de niveau de difficulté qui augmente et s’adapte à chaque fois, s’en est la preuve juste là! Les boss sont difficiles et très intenses, mais tout en gardant un aspect passionnant et une mécanique qui vous forcera à apprendre leurs points faibles et leurs routines de combat.

De plus, les mignons petits Rot que vous récupérez un peu partout pourront venir vous aider en combat également. Soit ils gêneront l’ennemi en tournoyant autour, soit ils augmenteront votre force de frappe ou même pourront se transformer en une étrange créature ressemblant à un serpent de mer grâce à des larmes, permettant de déverrouiller des zones mais aussi à frapper vos ennemis. Au final, ces petits êtres seront également ceux qui détruiront les noyaux de corruption une fois les boss vaincus.

Attention, les Rot sont des créatures qui craignent tout à la base. Donc lorsque des ennemis feront leur apparition, vos amis, eux, iront se cacher et vous devez leur montrer à avoir du courage en frappant vos adversaires de toute vos forces. Une fois la jauge Rot remplie, ils seront prêts à effectuer une action pour vous aider.

L’intelligence artificielle des ennemis n’est pas la meilleure qui soit, mais n’ayez crainte : ils sauront vous donner du fil à retordre par moment.

Un level design génial

Bien entendu, la partie merveilleuse qui vous restera en tête tout le long est le fantastique level design du jeu. Il y a des tonnes de plateformes, de puzzles, de combats et de secrets à découvrir. Tout pour faire plaisir aux fans de jeux du genre, quoi! Même si l’exploration est limitée par des zones plus ou moins ouvertes, il y a tellement de secrets et de choses à faire que le moindre changement de perspective peut vous aider à résoudre une énigme.

Très souvent, le jeu vous obligera à vous arrêter et regarder autour de vous pour voir s’il n’y a pas des mécanismes qui vous aideront à poursuivre votre chemin ou tout simplement des secrets qui n’attendent qu’à être dévoilés. Cette partie est, selon moi, une réussite totale car dès que nous trouvons le moindre petit secret, nous en sommes que des plus satisfaits.

C’est un aspect qui saura vous charmer dans la mesure où si quelque chose attire votre attention, brise la symétrie d’une quelconque façon ou semble ne pas être à sa place, c’est forcément le cas et ça vaut la peine de s’en attarder.

En tout et partout, le jeu vous prendra environ 12 et 13 heures pour passer au-travers de son histoire et probablement autour de 15 heures pour le faire à 100% en ayant récolté tous les 100 Rot, les courriers, les coffres maudits, etc. Vous trouverez sûrement que ce n’est pas “très long”, mais on parle ici d’un plateformeur d’action-aventure et non un RPG ou autre. Une fois le jeu terminé, vous débloquerez également le niveau de difficulté maximal, ce qui vous donnera un défi complémentaire si jamais vous aviez l’envie de foncer à nouveau dans la quête de Kena.

En conclusion

Visuellement, Kena: Bridge of Spirits possède une direction artistique tout simplement superbe qui nous donne l’impression d’être devant un superbe film d’animation. Les modèles des personnages et des ennemis sont superbes et merveilleusement bien animés. Même le côté expressif de chaque personnage est bien géré! Les décors sont surchargés et pleins de détails, l’éclairage est très soigné et le visuel complet, devant vos yeux, vous laisseront définitivement la bouche grande ouverte par moment.

Le côté audio du jeu est doux, calme et apaisant avec quelques pointes dramatiques lors des combats, des scènes cinématographiques ou des affrontements contre les boss. Oui, nous aurions cependant aimé plus de choix au niveau de la trame sonore, mais celle-ci comble entièrement nos attentes malgré tout.

Si vous jouez sur la console PlayStation 5, je vous suggère fortement de jouer en mode Performance à 60ips plutôt que le mode Fidélité, question d’avoir une fluidité encore plus accrue. Mais ne faites pas le saut, une fois rendu dans une séquence vidéo, le taux de rafraichissement va diminuer drastiquement et s’avérer un peu brutal. Qu’à cela ne tienne, le reste ne sera que du pur bonbon!

Le jeu avait été repoussé et c’est clairement pour nous proposer un jeu digne de ce nom, fait avec amour et passion par un studio qui, je l’espère, nous présentera quelque chose de nouveau très bientôt!

Kena: Bridge of Spirits est, à mes yeux, le jeu qui devrait rafler le titre de “Jeu indépendant de l’année” aux The Game Awards 2021.

Un énorme “MERCI” à Ember Lab pour la copie du jeu!

Kena: Bridge of Spirits

65.99$
8.9

Graphismes

9.1/10

Trame Sonore

8.8/10

Jouabilité

9.2/10

Scénario

8.9/10

Durée de vie

8.6/10

Pour

  • Une superbe histoire
  • Des graphismes dignes d'un film d'animation
  • Un monde vaste et coloré
  • Un système de combat complet et progressif
  • Beaucoup de choses à trouver

Contre

  • Manque de rejouabilité

Le Bêta-Testeur

Père de famille, gamer, chroniqueur pour Métro Média, développeur de jeu indépendant et programmeur dans la vie de tous les jours : j'initie mes enfants au plaisir du gaming avec les classiques des anciennes générations ainsi que les jeux récents.

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