TEST – Vampire: The Masquerade – Swansong: Parlons vampire

Durée de lecture: 6 minutes

Faisant suite à Vampire: The Masquerade – Bloodlines sorti en 2004, Swansong vous ramène dans le grand univers de World of Darkness

Sorti le 19 mai dernier, Vampire: The Masquerade – Swansong est un jeu de type RPG développé par Big Bad Wolf et édité par Nacon. L’univers de World of Darkness, qui comprends plusieurs titres dans différents médiums allant du jeu vidéo au jeu de société en passant par les livres, comics et même les séries télés, est un univers qui m’est méconnu. Je me dois donc d’être transparent et préciser que je n’ai jamais joué à Bloodlines et que je n’avais aucune connaissance préalable sur cet univers avant de me lancer.

Lancez-vous dans l’inconnu

Boston, 2019. Le nouveau Prince de la Camarilla, Hazel Iverness, tente de rallier les clans de Boston et de Hartford dans le but de solidifier son influence sur la côte est américaine. Lorsqu’une fête devant souligner cet effort se termine en bain de sang, le Prince charge trois de ses fidèles d’investiguer la situation et de trouver les coupables. Le jeu vous lance rapidement dans l’intrigue sans vraiment vous laisser le temps d’assimiler les événements. Si comme moi, vous ne connaissez rien de cet univers à prime abord, vous vous retrouverez très vite perdu. Qu’est-ce que la mascarade? Qu’est-ce que la Camarilla? Quels sont les enjeux, les clans, les politiques qui viennent jouer un rôle dans cet univers? Tant de questions pour lesquelles vous n’aurez pas de réponse claire… à moins d’ouvrir le Codex. Comme plusieurs jeux ayant un lore important, on vous donne accès à une base de données assez exhaustive qui couvre chacune de ces questions et plus. Toutes les races de vampires, les organisations, les idéologiques, les personnages, les influences ainsi que tout le jargon spécifique à cet univers (infant, sire, étreinte, etc): tout y est. Le problème, c’est que l’information requise pour bien saisir l’histoire et ses ramifications est si dense que tenter de tout lire relève presque de l’impossible, à moins d’être prêt à investir des heures de lecture sur des sujets pas toujours intéressants. Swansong aurait pu synthétiser l’information importante sous forme de cinématiques, ou dialogues, mais préfère prendre le pari que le joueur, s’il ne connaît pas déjà l’univers, va prendre le temps de tout lire pour se mettre à jour. Swansong s’est trompé. 

Battez-vous avec des mots

Vous incarnerez tour à tour trois protagonistes: Emem, Galeb et Leysha. Trois vampires de clans différents et ayant leurs propres agendas, motivations et rôles dans la Camarilla. Chacun se voit donner une mission différente par le Prince. Sur ce point, même si au départ le lien qui relie ces missions semble ne tenir qu’à presque rien, tout s’emboîte relativement bien un dans l’autre à la ligne d’arrivée. Chaque scène vous met dans la peau d’un des personnages en quête de réponses. Vous aurez à enquêter, collecter des indices, éliminer des preuves et, surtout, interroger les PNJs autour de vous. Pour ce faire, chaque personnage dispose de certaines habiletés uniques. Par exemple, Emem peut se téléporter sur de courtes distances et atteindre des zones inatteignables autrement, Galeb peut sentir l’énergie vampirique laissée par les autres vampires et Leysha peut se camoufler en prenant le costume des gens autour d’elle. Ces capacités vous seront essentielles pour mener à bien tous vos objectifs. Prenez note que chaque objectif n’est pas nécessaire pour compléter le niveau. Lorsque celui-ci se termine, vous recevez des points en fonction des objectifs atteints, des preuves recueillies ou détruites et des informations récupérées lors de vos interrogations. 

Ces interrogations sont au cœur du gameplay de Swansong. En effet, il s’agit ici d’un jeu où les combats sont remplacés par des joutes verbales. Vous devez choisir la bonne réplique à chaque question ou commentaire de votre opposant dans le but d’obtenir le plus d’informations possible. Certaines options de dialogue vous demanderont un certain niveau dans l’une ou l’autre des compétences verbales que le jeu propose comme l’éloquence, la persuasion, la rhétorique, la déduction, l’intimidation, etc. Ces compétences sont d’autant plus importantes lors des confrontations. Ces séquences vous placent devant un adversaire qui possède lui aussi ses propres compétences verbales. Si, pour une option de dialogue quelconque, le niveau de votre adversaire dans la compétence requise est supérieur au vôtre, vous risquez de perdre l’avantage dans la discussion. Si vous commettez trop d’erreurs, vous perdez la conversation et n’obtiendrez probablement pas toute l’information nécessaire pour compléter tous les objectifs.

Plusieurs éléments viennent influencer l’issue de ces conversations. Les traits, par exemple, sont des bonis et malus que vous obtenez naturellement en accomplissant des objectifs ou en choisissant certaines options de dialogue. Les disciplines sont des compétences que vous pouvez améliorer au début de chaque nouvelle scène en dépendant des points remportés selon votre score dans la scène précédente. Vous pouvez utiliser votre concentration pour augmenter momentanément votre niveau dans une compétence pour prendre le dessus lorsque le niveau de votre adversaire est plus élevé que le vôtre.Vous pouvez aussi utiliser des consommables amassés dans le monde qui viendront augmenter votre taux de succès en cas de bris d’égalité.

Ces mécaniques ont toutefois un coût. Certains choix vous coûteront de la vitalité que vous pourrez regagner en fonction du résultat de la conversation. D’autres choix viendront augmenter votre barre de soif. Lorsque pleine, vous devrez trouver une victime sur laquelle vous nourrir et calmer celle-ci. Assurez-vous d’être en zone sûr pour ne pas attirer l’attention sur vous!

Dernière chose sur les joutes verbales : vous ne pouvez jamais vraiment perdre. Même lorsque vous échouez à accomplir les objectifs de la conversation, le scénario s’adapte à votre résultat et vous laisse poursuivre. C’est à la fois un point positif et négatif à mes yeux. D’une part, le jeu réussit très bien à faire sentir que nos actions ont des conséquences car on peut voir les répercussions que nos succès et défaites ont sur le scénario. Le problème qui survient, toutefois, est le suivant : si l’histoire progresse malgré nos échecs continus, quel est l’intérêt à essayer de réussir? Pourquoi s’investir dans des mécaniques qui sont honnêtement le point fort du jeu, si les maîtriser n’est pas si important à la progression?

Côté technicalités

Visuellement, Swansong aurait eu l’air ordinaire deux générations plus tôt. Les textures ont beaucoup de difficultés à charger, la modélisation des personnages est rigide et manque de finition et la synchronisation labiale est, au mieux, laborieuse, au pire, inexistante. Le seul point positif que je peux trouver à ce niveau est le level design. Les environnements sont intéressants, immersifs pour la plupart et les scènes de carnages sont tout ce que j’ai toujours voulu voir dans une histoire de vampires.

Côté sonore, encore une fois, ça laisse à désirer. Si les effets sonores et l’ambiance sont corrects, au niveau du voice acting, c’est autre chose. Les trois protagonistes s’en sortent pas si mal mais les autres personnages ont droit à des performances souvent fades et sans inspiration. Aussi, comme c’est souvent le cas dans les jeux dont les conversations peuvent se faire sans ordre précis, la transition entre une ligne de dialogue et une autre est souvent très abrupte et sonne faux. À ce propos, le jeu ne dispose que d’un doublage anglais; les textes sont toutefois disponibles en français.

Niveau bugs, très peu à dire ici si ce n’est l’absence de sons lors de certaines lignes de dialogue, ce qui est dommage dans un jeu qui est fondé sur les conversations, et l’absence de réponse lorsque j’appuyais sur la touche “Menu”.

Vous pouvez compter une vingtaine d’heures environ pour compléter l’histoire de Swansong.

Conclusion

Vampire: The Masquerade – Swansong est un jeu somme tout décevant. L’univers proposé est riche et immersif mais le jeu ne semble pas intéressé à vous le raconter autrement qu’à travers un long et fastidieux codex à lire. Mécaniquement, Swansong apporte son lot d’idées intéressantes mais leurs applications semblent accessoires à la complétion de la campagne. Et, même si ultimement la conclusion apporte une certaine satisfaction, on en vient à se demander si l’effort en valait vraiment la peine. 

Un énorme “MERCI” à NACON pour la copie du jeu!

Nom du jeuVampire: The Masquerade – Swansong
Date de sortie19 mai 2022
DéveloppeurBig Bad Wolf
SérieVampire: The Masquerade
ÉditeurNacon
Plates-formesNintendo Switch, PC, PlayStation 4, PlayStation 5, XBox One, XBox Series S|X
GenreJeu de rôle
Mode de jeuSolo
LangueMultilingue (Français inclus)

Vampire: The Masquerade - Swansong

76.99$
5.4

Graphismes

5.0/10

Trame Sonore

5.0/10

Jouabilité

6.0/10

Scénario

4.0/10

Durée de vie

7.0/10

Pour

  • Les mécaniques en place pour les joutes verbales sont intéressantes
  • Les mécaniques gagnent en intérêt plus on avance dans le jeu
  • Une histoire qui s'adapte vraiment à nos choix

Contre

  • S'appliquer à réussir ne semble pas nécessaire à la complétion du jeu
  • Graphiquement très daté
  • Voice acting peu inspiré
  • Une impression globale de manque de peaufinement à tous les niveaux
Kevin

Kevin Nadeau-Gervais

Kevin, membre de G Pour Geek aux côtés de Gabriel et Steven, est un grand fan de jeux vidéo, de comics et de... Batman! Blague à part, il est un geek assumé et adore tout ce qui englobe cet univers.

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